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Rançongiciel : la sauvegarde qui compte est celle que le virus ne peut pas chiffrer

Un ransomware peut chiffrer les fichiers de l’ordinateur mais aussi les disques et partages auxquels il a accès. Une sauvegarde utile doit donc être isolée ou versionnée.

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Faire une sauvegarde n’est pas suffisant si le ransomware peut l’atteindre en même temps que les fichiers originaux. C’est la leçon la plus importante face aux rançongiciels : un disque USB laissé branché en permanence, un dossier réseau monté ou une synchronisation cloud mal configurée peuvent eux aussi être chiffrés ou répliquer les fichiers corrompus.

Un ransomware est un logiciel malveillant qui bloque l’accès aux données, souvent en les chiffrant, puis exige une rançon. Pour un particulier, les souvenirs, documents administratifs et photos peuvent être irremplaçables même si leur valeur financière paraît faible.

Une sauvegarde doit survivre à l’attaque

La bonne question n’est pas « ai-je une copie ? », mais « cette copie restera-t-elle accessible si mon ordinateur est compromis ? ». Une sauvegarde sur un support déconnecté après utilisation répond à cette exigence. Un service cloud avec historique de versions peut également aider s’il permet de restaurer des versions antérieures.

Pour les données importantes, combinez plusieurs supports. Une stratégie couramment utilisée consiste à conserver plusieurs copies, sur des supports différents, dont au moins une hors ligne ou hors site.

Synchronisation et sauvegarde ne sont pas la même chose

Un dossier synchronisé est pratique : une modification apparaît sur tous les appareils. Mais si un ransomware chiffre les fichiers et que le service synchronise immédiatement ces nouvelles versions, le problème se propage. La présence d’un historique ou d’une corbeille longue durée devient alors déterminante.

Vérifiez donc les possibilités de restauration de votre fournisseur avant d’en avoir besoin.

Les vecteurs sont variés : pièce jointe malveillante, logiciel piraté, faux installateur, faille non corrigée, mot de passe volé ou accès à distance mal sécurisé. C’est pourquoi les sauvegardes doivent être complétées par des mises à jour régulières et de bonnes habitudes d’installation.

Téléchargez les logiciels depuis les sources officielles et méfiez-vous des fichiers qui demandent d’activer des macros ou de désactiver une protection de sécurité.

Que faire en cas de rançongiciel

Déconnectez l’appareil du réseau pour limiter la propagation, sans supprimer précipitamment les preuves. Ne branchez pas vos disques de sauvegarde. Notez le message affiché et demandez de l’aide via les dispositifs officiels de Cybermalveillance.gouv.fr.

Le paiement de la rançon n’offre aucune garantie de récupération et finance l’activité criminelle. Il peut également désigner la victime comme une cible susceptible de payer à nouveau.

Une sauvegarde qui n’a jamais été restaurée n’est qu’une hypothèse. De temps en temps, choisissez quelques fichiers et vérifiez qu’ils peuvent réellement être récupérés. Contrôlez aussi que les sauvegardes récentes s’exécutent toujours et que le support n’est pas plein.

  • Documents importants : copie régulière sur un disque externe débranché après la sauvegarde.
  • Photos : seconde copie sur un service cloud avec historique de versions ou sur un second support.
  • Ordinateur : mises à jour automatiques et logiciels provenant de sources officielles.
  • Comptes cloud : mot de passe unique et double authentification.

Copier ses fichiers sur un disque USB laissé en permanence connecté donne une impression de sécurité, mais certains rançongiciels chiffrent aussi les volumes accessibles au moment de l’attaque. Même problème avec un dossier cloud synchronisé : si les fichiers locaux sont remplacés par des versions chiffrées, la synchronisation peut propager la modification. Les historiques de versions peuvent aider, mais ils ne doivent pas être votre seule stratégie.

La logique la plus robuste consiste à disposer d’au moins une copie qui n’est pas accessible en écriture depuis l’ordinateur au quotidien.

Une sauvegarde inutilisable n’est pas une sauvegarde. De temps en temps, restaurez quelques fichiers sur un autre emplacement et vérifiez qu’ils s’ouvrent. Notez également les données indispensables : documents administratifs, photos, base de mots de passe, projets professionnels. Cela permet de prioriser la récupération. Si une attaque survient, isolez la machine du réseau, évitez de multiplier les manipulations et demandez de l’aide via les canaux officiels de réponse aux incidents.

Le but d’une sauvegarde n’est pas seulement de protéger contre une panne de disque. Elle doit aussi vous permettre de dire « non » à un attaquant qui tente de rendre vos propres fichiers inutilisables.

Transparence

Sources et références